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A propos...     Un peu d'histoire ?

À propos

Maçonnerie opérative et Maçonnerie spéculative.

L’intégration des femmes dans la maçonnerie opérative, bien que rare, est documentée dès le XIIIe siècle. Des témoignages historiques montrent que des femmes participaient à des travaux de construction et étaient parfois admises dans des corporations de métiers. Par exemple, le Livre des métiers de Paris, rédigé en 1268 par le prévôt Étienne Boileau, mentionne des femmes inscrites comme maçons.

Avec l’avènement de la franc-maçonnerie spéculative au début du XVIIIe siècle, les femmes commencent à être initiées dans des circonstances exceptionnelles. Elisabeth Aldworth, jeune aristocrate irlandaise, est considérée comme la première femme initiée en franc-maçonnerie vers 1712. Son initiation a lieu dans des circonstances extraordinaires, lorsqu’elle est surprise en train d’observer une réunion maçonnique. Confrontée au choix entre l’initiation et la mort, elle choisit d’être initiée et reste membre de la loge jusqu’à sa mort. Devenue membre d’une société secrète, elle ne parlerait pas car une des raisons invoquées à l’exclusion des femmes dans la FM était qu’elles ne savaient pas garder un secret !

Au XVIIIe siècle, le statut juridique de la femme était défini par des lois et des coutumes patriarcales. Les femmes étaient généralement considérées comme des mineures juridiques, placées sous la tutelle d’un homme tout au long de leur vie. En tant que telles, elles n’avaient pas la pleine capacité légale d’agir en leur propre nom.

Les Loges d'Adoption

En France, les femmes ne durent pas attendre trop longtemps pour être admises officiellement dans les loges maçonniques. Vers les années 1740, la discrimination homme/femme avait commencé à s’effondrer. Les loges françaises d’Adoption commencèrent formellement à admettre les femmes. Elles initiaient la plupart du temps des femmes de rang social élevé.

Ces « loges de dames » sous tutelle masculine sont « souchées » sur une loge masculine qui en garantit la régularité et la direction. Elles furent reconnues officiellement par le Grand Orient de France en 1774.

Les femmes membres des loges d’adoption étaient traitées avec dédain. Selon Françoise Gaspard, chercheuse du mouvement maçonnique, « ces loges ont longtemps été considérées par les maçons comme un passe-temps agréable, une « bergerie maçonnique » (respectivement les femmes qui y figuraient étaient comparées à des moutons qu’il fallait mettre en pâture). 

La première Loge féminine

En Angleterre, Une première loge féminine fut créée en 1783.

Ce n’est que le 14 janvier 1882 qu’une première femme fût reçue dans un ordre maçonnique, à la Loge « Les Libres Penseurs », à l’ouest de Paris, selon le même rituel que celui pratiqué lors des initiations masculines.

Son initiation provoqua un émoi si considérable dans la Maçonnerie française que la loge fut suspendue de son obédience « la Grande Loge Symbolique Écossaise », pourtant d’orientation libertaire, jusqu’à ce que Maria Deraismes, s’éloigne des travaux de la loge.

Onze ans plus tard, le 4 avril 1893, l’opiniâtre M. Deraimes créa à Paris la première Loge Mixte, origine de ce qui deviendra l’Ordre maçonnique mixte et international du Droit Humain.

Dès le début, cette loge revendiquait pour tous, hommes et femmes, les mêmes droits, la justice sociale, l’éducation, et l’égalité des hommes et des femmes. La vocation universelle de cet ordre était également affirmée d’emblée.

Le XXe siècle

La franc-maçonnerie mixte et féminine gagne en reconnaissance et en influence. En France, la Grande Loge Féminine de France (GLFF) est créée en 1945. Elle adopte en 1959 le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), marquant une indépendance totale vis-à-vis de la maçonnerie d’adoption.

En 1982, le Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine (CLIMAF) a été fondé afin de renforcer les liens entre les Obédiences. A ce jour, 11 Obédiences féminines constituent cet organisme en tant que membres actifs, dont la Suisse en 1985.

La situation au XXIe siècle

Au XXIe s., les femmes représentent encore une minorité dans le paysage maçonnique mondial.

Le Grand Orient de France n’est devenu mixte qu’en 2010, lorsque le Conseil de l’Ordre jugea opportun d’enregistrer le changement d’état civil d’Olivia Chaumont. Celle-ci, qui avait régulièrement initiée en tant qu’homme en 1992, devint ainsi après son changement officiel d’identité, la première femme transsexuelle institutionnellement reconnue !

Loges féminines suisses

En Suisse, la première loge féminine voit le jour à Genève en 1964 sous le nom de Lutèce, 7 ans avant le droit de vote des femmes le 8 février 1971.

 Ce sont des Francs-Maçonnes de la Grande Loge féminine de France qui amènent la franc-maçonnerie en Suisse. La seconde loge est créée à Neuchâtel en 1970 et la Grande Loge féminine de Suisse (GLFS) est créée en 1976.

Le 16 juin 1985. 4 loges de la Grande Loge féminine de France, située en Suisse, se détachent pour former la Grande Loge Féminine d’Helvétie et fusionnent avec la GLFS deux semaines plus tard.

Une Loge féminine à la Chaux-de-Fonds

Actuellement, la GLFS compte 18 Loges dans toute la Suisse avec près de 350 membres.

Tanit, Loge n°21, dernière Loge féminine constituée

L’idée d’une Loge féminine à la Chaux-de-Fonds a germé dès septembre 2010 et c’est le 17 décembre 2012 que, bravant la neige, une centaine de FF et SS participent à l’érection des colonnes.

Les FF∴ de la R∴ L∴ l’Amitié à l’Orient de la Chaux-de-Fonds ont permis par leur immense générosité, leur esprit d’ouverture et un signe fort de Fraternité, que Tanit puisse devenir locataire de leur magnifique Temple. Ils ont ainsi appliqué à la lettre l’idéal de la Franc-Maçonnerie Universelle.

Les SS∴ à l’instigation de cette création étaient déjà impliquées dans de multiples activités. Femmes à la recherche d’un équilibre entre une vie active et une spiritualité épanouie, toujours en quête d’amélioration, elles ont été stimulées pour créer Tanit avec la conviction que plusieurs Sœurs, provenant d’ateliers différents, liées par la sororité, peuvent apporter aux femmes de La Chaux-de-Fonds et de l’Arc jurassien la possibilité de vivre une voie initiatique.

Conclusion

 

La tradition judéo-chrétienne amène l’exclusion des femmes. Dans les civilisations anciennes, on retrouve les femmes au même rang que les hommes. Il n’y a pas de vie sans femme, elle est l’athanor de la Vie. Il est intéressant de relever que beaucoup de cathédrales construites au XII-XIIIè s. sont dédiées à Notre Dame (Marie) dans lesquelles on entre quand on les visite !

Les femmes travaillent de façon intemporelle. Les femmes sont les créatrices des petits et des grands mystères comme l’oracle de Delphes, la Pythie, Eleusis.

Pour rappel, l’église catholique romaine décide de reconnaître à la femme une âme qu’à la fin du 19e siècle.

 

Une Sœur de la Loge, Article paru dans la Revue L'Alpina

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