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LA TRANSMISSION

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Planche tracée par la R.'. L.'. Tanit à l'occasion de l'Assemblée des Députées de la GLFS le 3 mai 2014

 A priori, toutes à Tanit Apprenties, Compagnonnes et Maîtresses partent du postulat que la transmission de la Tradition est possible. Voyons donc s’il s’agit d’une utopie fantaisiste ou  d’un possible réaliste.

Il est importe tout d’abord, pour les toutes jeunes franc-maçonnes, de distinguer LES traditions de LA TRADITION.
Les traditions sont liées à des étapes essentielles de notre vie : naissance, mariage,  mort, rites de passage. Ils permettent d’ancrer notre parcours, de le jalonner de repères tant familiaux que sociétaux ou culturels. Même si les traditions transmettent un patrimoine culturel, religieux  par des rites qui perdurent, elles ne sont pas LA TRADITION.

Ce mot puise sa source dans le grec, puis dans le latin «  traditio », « tradere ». Dans son premier sens étymologique «  tradere » désigne un terme de jurisprudence qui signifie « livrer » : par exemple, remettre un objet. Selon le Littré, ce sens évolue et… pour faire bref, il désigne actuellement la transmission de doctrines, de légendes, de coutumes durant un long espace de temps, ou encore une manière d’agir ou de penser, transmise de générations en générations.

En terme de religion, le terme de Tradition désigne un ensemble de vérités qui ne sont pas directement contenues dans la révélation écrite mais sont fondées sur l’enseignement constant et les institutions d’une religion.

Pourtant, lorsque nous parlons de LA TRADITION en Franc-Maçonnerie, il est entendu que ce concept est d’ordre supra-confessionnel et va encore au-delà de l’ensemble de connaissances, de croyances, de pratique et de méthodes qui nous sont transmises de manière orale par nos anciennes maçonnes. Car la tradition est de tous les âges, elle nous relie à la Source première. La source Wikipédia définit d’ailleurs assez bien cette transmission continue d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial. René Guénon disait que La Tradition devait provenir d’une source non–humaine et son origine devait rester obscure.  Affirmant tout d’abord que  depuis le Moyen Age, seul le compagnonnage et la Franc-Maçonnerie auraient été capables de transmettre cette Tradition, il se rétracte ensuite. Effectivement,  il se dégage que ce que nous voulons transmettre dans la Tradition est de l’ordre du non-exprimable. On retrouve cette idée durant la Renaissance, au XVIIIème siècle où l’on s’efforce de démontrer l’existence d’une tradition perdue mais universelle, archétype transcendant de l’univers manifeste. Selon Irène Mainguy, on peut parler d’une «  philosophia perennis » qui s’étend à toutes les traditions du monde. En résumé, la Tradition émane d’une Source unique, impalpable, indicible, que la FM approche sous forme de quête de la Parole perdue et qu’elle concrétise par la révélation graduelle de la Lumière.

La Tradition est donc à la fois la Source et le contenu qui permet de se relier à cette origine. Elle établit un pont entre l’individu et ce qui le dépasse. La Franc-Maçonnerie s’appuie sur des outils concrets et tangibles comme l’équerre, le compas, le niveau la règle, banals pour le profane  mais riche de sens pour l’initié. Leur compréhension fait alors appel à une connaissance intuitive et transcendante et chacun, selon sa nature, son intelligence, son imagination et sa qualité vibratoire va capter divers niveaux de signification qui évolueront au fur et à mesure de son évolution. Nous dirons donc que son contenu est ésotérique, du grec «  eisôthéo : je fais entrer », que le savoir transmis est caché, voire secret. Le support de la Tradition peut aller du mythe à l’image, des contes tramés ou comptines enfantines (dont la trame recèle un savoir caché) à l’image du tarot. Enfin, les voies que l’homme emprunte pour se relier à la Tradition sont multiples : franc-maçonnerie, Rose-Croix, Martinisme, Occultisme, Alchimie…

Pour terminer sur cette distinction entre LES traditions et LA TRADITION, nous terminerons par les propos d’une Sœur Apprentie qui ressent dans la transmission de la tradition quelque chose d’intérieur et d’antérieur. L’intérieur désigne ce qui est inchangeable, intemporel, transmis par ses ancêtres depuis des décennies, l’antérieur désigne ce qui appartient à la chronologie, soumis aux changements du temps, selon les fluctuations  de l’environnement.
 
Quels sont donc les obstacles qui pourraient empêcher de transmettre La Tradition ?

Il faut bien entendu un émetteur, ici la Maîtresse maçonne,  et un récepteur, une Apprentie, une Compagnonne, qui évoluent dans  un contexte favorable à l’épanouissement de ce lien entre la femme incarnée dans le monde actuel et la Source première.

Le contexte politique dans lequel nous évoluons est important et nous savons que toute dictature met les Francs-Maçons en péril. Les préoccupations matérielles sont aussi des obstacles à une démarche initiatique. En Suisse, il semblerait que ces deux premières conditions soient remplies. Nous bénéficions d’une précieuse liberté d’expression, d’un niveau d’éducation globalement satisfaisant et de conditions matérielles en général propices à l’épanouissement personnel.

Cependant, notre monde actuel est ressenti comme un monde où l’Avoir prime sur l’Etre et c’est cette prise de conscience qui amènerait certaines femmes à frapper à la porte du Temple. A force d’AVOIR, nous avons besoin d’ETRE.

Nous sommes toutes d’accord pour dire que dans notre société occidentale, la transmission se perd petit à petit au profit de la pensée binaire et informatisée, que les valeurs matérielles l’emportent et que nos repères se déplacent, voire disparaissent dans un monde en crise. Tout est trouvable dans l’instant sur la toile arachnéenne d’internet mais cette forme de connaissance ne peut remplacer le savoir-faire, le savoir-dire et les moments précieux de communication que nous vivons en Loge.

Notre société, peut-être encore plus qu’avant, nous pousse à retrouver des traditions, des rites permettant de nous concentrer sur l’essentiel.

Toutefois, entre le Désir de retrouver ces valeurs, moteur de la Quête spirituelle et… l’accomplissement, la réalisation, le fruit de la Quête…. un fossé s’installe. Nous avons le sentiment qu’une forte aspiration guide certaines profanes à frapper à la porte du Temple mais que devant l’ampleur de l’investissement, la profondeur de l’engagement, certaines se rétractent quelque peu !
 
Alors, nous devons nous demander maintenant COMMENT transmettre la Tradition ?

Emprunté  au latin : transmittere, transmettre signifie « envoyer par-delà, transporter, faire passer » ; littéralement de trans- « au-delà » et mittere « envoyer ». Dans envoyer au-delà, il y a bien l’idée de faire passer une valeur qui dépasse notre propre individualité et dont nous ne pouvons pas évaluer les effets. Si nous plantons une graine, nous ne connaissons pas tout à fait l’image que donnera la fleur.

Comment la Loge, comment les Maîtresses, les Marraines peuvent-elles amener les jeunes initiées à goûter à la Tradition, à s’abreuver à la Source primordiale de la Connaissance ?

Nous parlions tout à l’heure d’émetteur et de récepteur.

Le devoir d’une Maçonne expérimentée se situe à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il s’agit de véhiculer  et de respecter nos précieux rituels au travers des mots, de la gestuelle tout en comprenant la portée hautement symbolique qu’ils véhiculent, car ils sont un pont vers le sacré.  Cela ne se fait pas en un jour et l’on ne peut pas  demander à une jeune Maîtresse de tout connaître. Qui pourrait d’ailleurs se prévaloir de cela ? La transmission s’appuie plus sur l’expérience personnelle que l’accumulation de savoirs.

Transmettre sans trahir, s’interdire toute modification, toute invention exige une attention constante. Ne pas se contenter de la fameuse phrase «  c’est comme cela, c’est la tradition » exige une empathie envers l’autre, un désir d’entrer en questionnement, un intérêt pour la démarche initiatique  et de l’Amour.

L’exemple mieux que de grandes théories ou des dogmes est aussi ressenti comme le meilleur moyen de susciter une réflexion, d’induire un changement dans l’attitude souvent très profane de nos jeunes Apprenties : exemple d’assiduité, d’engagement, de fraternité.

En Franc-Maçonnerie, l’éveil se réalise par degré car dans la Tradition, on ne peut recevoir toute la Lumière d’un seul coup. Moïse fut aveuglé par le souffle du buisson ardent, Arjuna voulant voir la divinité ne peut en supporter la puissance.

Tout comme dans la langue des oiseaux, la Maîtresse maçonne devrait induire chez la nouvelle initiée la capacité du mouvement intérieur, l’éveil de la curiosité pour l’ésotérisme, le goût de s’abreuver à la connaissance. Dans cette démarche, le plus délicat est d’amener nos néophytes à remettre en question leurs certitudes, à placer entre parenthèses leur individualité au profit de celui du groupe.

Si le devoir qui incombe à chaque Maîtresse est de faire rayonner la Fraternité dans le monde, de redonner ce que l’on a acquis grâce à l’Art Royal…

Qu’en est-il donc du devoir des Apprenties et des Compagnonnes ?

Sont-elles aptes, dans un environnement où la vie les entraîne à la vitesse de la Lumière à maîtriser job, famille, formations diverses,  à remplir les devoirs qu’elles ont contractés lors de leur initiation ? Ayant soif d’une quête spirituelle ou d’une forme de connaissance  dont elles n’arrivent pas encore à définir les contours, elles se trouvent d’emblée confrontées à la gestion du peu de temps disponible pour mener à bien une démarche maçonnique exigeante.

Habituées à prendre des décisions importantes pour leur carrière, à êtres maîtresses de leur destin, sont-elles aptes à accepter une hiérarchie, un rituel au caractère apparemment anachronique et désuet ?

Il faut un temps certain pour réaliser que bien que contraignante, la régularité aux Tenues est la condition sine qua non pour que l’alchimie opère. Car c’est dans nos Temples, dans un espace temps sacré, au cœur même de l’égrégore créé par toutes, dans le partage du travail que se cache le trésor de la Connaissance et de la Fraternité. C’est là que l’alchimie permet de transformer notre plomb en or, que l’Art royal trouve son chemin en notre être profond.  

La Franc-Maçonnerie offre des outils précieux pour qui sait les utiliser. La Loge offre ces outils avec une méthode, des enseignements qui exigent le RESPECT.

Bien sûr, les doutes sont nombreux sur le parcours. Nous en avons toutes, quel que soit le degré que nous avons atteint. Mais si les anciennes assurent la pérennité de l’œuvre grâce à leur constance, leur dévouement, leur patience, elles attendent également que la jeune initiée mette un peu son égo entre parenthèses pour offrir à sa Loge le meilleur d’elle-même.

Pour boire à la Source première, il faut avoir soif et aucune Maîtresse maçonne avec toute sa connaissance, sa patience pour expliquer les symboles,  ne peut amener une  Apprentie à la Connaissance si le mouvement ne vient du plus profond de son intérieur.

Avancer, évoluer demande un changement, une inversion du regard, une introspection sérieuse que Socrate avait bien compris lorsqu’il posait les questions qui amenaient ses jeunes disciples à accoucher d’eux-mêmes. Avancer, évoluer demande un peu de sacrifices, un peu de temps grapillé sur son propre confort personnel peut-être et quelle récompense pour nous, les anciennes,  lorsque nous constatons les progrès réalisés au détour d’une première planche présentée en Loge.

Quelles valeurs voulons-nous transmettre ?

Nous voulons ici reprendre en résumé quelques propos d’Irène Mainguy qui nous rappelle que tout en poursuivant sa quête, le Maître maçon se doit de transmettre les valeurs maçonniques afin de les faire fructifier. C’est ainsi que se perpétue la chaîne initiatique, grâce à une méthode fondée sur le rite, la symbolique et la gestuelle. Tout maître maçon se doit de choisir des candidats avec discernement, afin que le jeune initié puisse recevoir l’initiation maçonnique et suivre la Règle. L’essentiel de la transmission se fonde sur l’écoute : faire silence en soi pour accueillir la parole de l’autre ; la lecture de la parole, transmise par les textes sacrés ; la compréhension par l’entendement en donnant du sens à la parole ; la méditation qui conduit à prendre du recul par rapport aux événements de la vie profane afin de trouver une forme de stabilité de la pensée ; enfin l’action, par l’engagement individuel mesuré et juste dans sa propre Loge et au dehors du Temple.

Transmettre la Tradition c’est d’abord offrir à nos jeunes initiées, débordées, dépassées, survoltées par la vie actuelle un lieu propice à la réflexion, un véritable havre de paix où elles ne seront pas jugées, où elles pourront se ressourcer, où elles pourront puiser de l’énergie, un moyen de communication non violente et sans rapport de force et de pouvoir. Elles pourront alors prendre en main leurs outils maçonniques pour assumer leur quotidien et leurs obligations avec recul et sérénité.

Lorsque en tant qu’en profane, nous frappons à la porte du Temple, nous ne pouvons encore véritablement mettre des mots sur notre Quête de valeurs spirituelle. Ce n’est qu’au fil des Tenues que nous ferons le Lien entre la méthode du langage analogique et ce qu’il y a de plus profond en nous. Car la Tradition nous permet de procéder à L’UNION de notre Soi au Moi, l’Union de l’intérieur et de l’extérieur, l’Union de ce qui est en Haut et de ce qui est en Bas, L’Union du microcosme au macrocosme, l’Union de notre essence même à celle qui gouverne l’Univers.

Vers une conclusion.
TRANSMISSION : mission  de remettre à l’autre des valeurs qui vont au-delà de notre individualité propre et qui nous relient à la Source Première.

A nous Sœurs Maîtresses de trouver avec Amour et Empathie, la Voie du Cœur  de nos chères Apprenties et Compagnonnes pour qu’elles comprennent l’alchimie en train de s’opérer au plus profond d’elles-mêmes, pour qu’elles réalisent qu’à leur tour, elles deviendront gardiennes de nos traditions, tels de solides piliers qui soutiennent le Temple.

L’UTOPIE EST POUR LES FRILEUX. LES COURAGEUX FONT DE L’UTOPIE UNE REALITE et nous reconnaissons bien là  les propos de notre Vénérable Maîtresse.

Nous terminerons ce tracé par l’explication d’Irène Mainguy à propos du  médaillon qui se trouve en couverture de notre tracé : Unius ab Luce : De même que, dans une pièce, de nombreux miroirs renvoient de façon étincelante l’éclat d’une unique lumière, de même la Connaissance, la Vérité et la Sagesse transmettent l’excellence de l’Illumination spirituelle.

 
 

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